La légende de ceux que la lune n’a jamais oubliés

La légende de ceux que la lune n’a jamais oubliés

Résumé rapide

Une évocation poétique de la résilience et de la présence autochtone. Sous le regard d'une lune ancienne, trois silhouettes et un cheval blanc incarnent la mémoire vivante, le courage silencieux et la continuité d'un peuple que le monde n'a pu effacer. C'est un chant de dignité qui affirme, par le calme et la présence : « Nous sommes encore là. »

Nous sommes encore là




Trois silhouettes tiennent le rivage,
immobiles comme si la nuit les avait dessinées elle-même.
Leurs couvertures sont lourdes de couleur et d’histoire,
tissées de mains patientes,
chargées de saisons traversées,
chargées de noms murmurés à travers le temps.

À leurs côtés,
un cheval blanc respire lentement,
chaque souffle montant et descendant
comme un tambour tranquille dans le noir,
un battement ancien
qui n’a jamais cessé de battre.




La lune se lève, pleine et sans clignement,
pas comme une lampe,
pas comme une lumière pressée,
mais comme l’œil d’un ancien
qui se souvient de tous les noms
que le monde a tenté d’enterrer,
de tous les visages qu’on a voulu effacer,
de toutes les histoires qu’on a essayé de rendre silencieuses.

Elle ne juge pas.
Elle reconnaît.

Les fleurs sauvages se penchent tout près,
leurs tiges frôlent la nuit,
comme si elles aussi voulaient écouter.
Elles écoutent des pas qui ne bougent pas,
des cœurs qui parlent sans bruit,
parce que certains moments sont plus forts
lorsqu’ils choisissent le calme.




Une fille apprend la forme de la patience
en regardant un adulte rester doux.
Pas faible.
Doux.

Une femme apprend la forme du courage
en laissant les enfants se tenir à ses côtés,
pas derrière elle,
pas cachés,
pas réduits au silence.
À ses côtés.
Visibles.
Vivants.

L’eau porte le reflet de la nuit
comme une promesse gardée dans la bouche,
une promesse qui ne cherche pas à être criée,
mais honorée.
Tenue avec soin.
Jamais renversée.




Ils ne parlent pas fort.
Ils parlent en présence.
Dans la droiture des épaules,
dans la façon dont les mains restent ouvertes,
dans la façon dont personne ne détourne le regard.

Le cheval attend.
Pas parce qu’il est attaché.
Pas parce qu’il a peur.
Il attend parce qu’il sait.
Il sait que personne ici n’est pressé.
Il sait que personne ici n’est perdu.




Si le monde exige l’oubli,
ils répondent par la mémoire.
Si le monde exige le silence,
ils répondent par des chants
gardés à l’intérieur des côtes,
là où battent les histoires
que personne n’a réussi à tuer.

Ils ne demandent pas la permission d’exister.
Ils existent.

Les étoiles se dispersent comme des perles dans le ciel,
chacune un petit rappel
que les gens sont encore là,
que les peuples sont encore là,
que la terre les reconnaît encore,
même quand le monde fait semblant de ne pas voir.

Et sous cette lune,
au bord de cette eau,
dans ce silence habité,
la vie continue de dire doucement :
Nous sommes encore là.

Chaque objet est façonné à la main sur le Nitassinan par l’artisan Ilnu Dave Verreault-Thisselmagan.

Foire aux questions

Que symbolise la lune dans les légendes autochtones ?
Dans plusieurs cultures autochtones, la lune est associée à la mémoire, aux cycles de la vie, à la féminité et à la transmission. Elle représente une présence constante qui observe, protège et rappelle les histoires qui ne doivent pas être oubliées.
ourquoi la mémoire est-elle centrale dans les récits autochtones ?
La mémoire est un acte de continuité. Elle permet de préserver les noms, les langues, les territoires et les enseignements malgré les tentatives d’effacement. Dans les récits, elle devient une forme de résistance douce mais puissante.
Peut-on lire une légende autochtone sans appartenir à une communauté ?
Oui, à condition de le faire avec respect. Lire une légende autochtone, c’est entrer dans un espace culturel vivant. L’écoute, la reconnaissance de l’origine et le soutien aux artisans et créateurs autochtones sont essentiels.