30 septembre 2026 : 7 gestes pour la vérité et la réconciliation
Vous cherchez simplement quoi faire le 30 septembre?
La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation ne demande pas de connaître toute l’histoire en une journée. Elle invite d’abord à s’arrêter, à écouter et à apprendre.
- Porter de l’orange en comprenant l’histoire derrière ce symbole.
- Écouter la parole d’une survivante ou d’un survivant qui a choisi de rendre son témoignage public.
- Participer à une activité autochtone ouverte au public dans votre région.
- Regarder la commémoration nationale à 15 h, heure de l’Est.
- Lire quelques-uns des 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation.
- Choisir un geste à poursuivre après le 30 septembre.
Chaque année, à l’approche du 30 septembre, une même question revient : que peut-on réellement faire pour participer à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation?
Porter un chandail orange est un geste visible. Publier une image sur les réseaux sociaux peut contribuer à sensibiliser. Mais cette journée peut aussi devenir quelque chose de plus profond : un moment pour écouter une histoire que l’on ne connaissait pas, participer à un rassemblement, ouvrir une conversation avec ses enfants ou simplement prendre le temps de comprendre.
Il n’est pas nécessaire de poser un geste spectaculaire. Il est surtout important de ne pas laisser la journée devenir un symbole vide de sens.
Voici donc des façons concrètes de souligner le 30 septembre 2026 avec respect.
Pourquoi le 30 septembre existe-t-il?
Le mot « réconciliation » est souvent celui que l’on retient du 30 septembre. Pourtant, le nom de cette journée commence par un autre mot : vérité. Pour aller plus loin sur ce que signifie réellement ce processus, découvrez aussi notre article sur la signification profonde de la réconciliation entre les peuples.
Elle a été créée en 2021 à la suite de l’appel à l’action 80 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui demandait l’instauration d’une journée nationale permettant de commémorer publiquement l’histoire et les séquelles des pensionnats.
Le 30 septembre est aussi la Journée du chandail orange. Les deux commémorations ont désormais lieu le même jour, mais l’histoire du chandail orange a commencé plusieurs années avant l’instauration de la journée nationale.
En savoir plus sur la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
1. Porter de l’orange, mais connaître l’histoire que l’on porte
Le chandail orange n’est pas devenu un symbole par hasard.
En 1973, Phyllis Webstad avait six ans lorsqu’elle est arrivée au pensionnat St. Joseph Mission, en Colombie-Britannique. Sa grand-mère lui avait acheté un chandail orange neuf pour sa rentrée.
À son arrivée au pensionnat, ses vêtements lui ont été retirés. Son chandail orange lui a été enlevé et elle ne l’a jamais récupéré.
Des décennies plus tard, le récit de Phyllis Webstad est devenu à l’origine de la Journée du chandail orange. Ce vêtement est aujourd’hui associé au message « Chaque enfant compte » et à la nécessité de reconnaître ce qui est arrivé aux enfants envoyés dans les pensionnats.
Alors demain, oui, on peut porter de l’orange. Mais on peut aussi prendre cinq minutes pour découvrir la personne derrière ce symbole et raconter son histoire à quelqu’un d’autre.
Lire l’histoire de Phyllis Webstad racontée par l’Orange Shirt Society.
2. Écouter une voix plutôt que parler à sa place
L’un des gestes les plus simples à poser le 30 septembre est aussi l’un des plus importants : écouter.
De nombreux survivants et survivantes ont choisi de rendre leur témoignage public. Des organismes autochtones et le Centre national pour la vérité et la réconciliation conservent également des archives, des témoignages et des ressources éducatives.
Choisissez-en un. Regardez une entrevue. Lisez un témoignage. Écoutez une conférence jusqu’au bout.
Il n’est pas nécessaire de demander à une personne autochtone de votre entourage de raconter une histoire personnelle ou douloureuse pour pouvoir apprendre. Plusieurs personnes ont déjà choisi ce qu’elles souhaitaient transmettre publiquement. On peut commencer par accueillir cette parole-là.
3. Participer à une activité organisée par une communauté autochtone
Partout au pays, des communautés et des organisations proposent des marches, cérémonies, rencontres, activités culturelles et moments de commémoration ouverts au public.
Participer à l’une de ces activités permet d’aller plus loin qu’une publication sur les réseaux sociaux. On peut être présent, écouter et découvrir ce que les organisateurs ont eux-mêmes choisi de transmettre.
Au Lac-Saint-Jean : une journée complète à Mashteuiatsh
Pour les gens de la région, la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh organise le 30 septembre 2026 une programmation à Mashteuiatsh.
Au site Uashassihtsh, une cérémonie du lever du soleil est prévue à 6 h. De 11 h à 16 h 30, plusieurs activités sont annoncées pour tous : activités ilnu-aitun, démonstration de confection d’un teuehikan, atelier sur les plantes médicinales, contes pour enfants, cercle de partage, activités de création, purification, soins et accompagnement, ainsi que différentes rencontres.
Une marche symbolique débutera à 13 h après un recueillement devant l’école Kassinu Mamu. Un autre moment de recueillement est prévu à 14 h au Mur de Mushum.
À 18 h, une rencontre avec l’auteur Michel Jean est également prévue au Musée ilnu de Mashteuiatsh.
À noter : les activités organisées en matinée à la salle communautaire sont réservées aux anciens pensionnaires. Il est important de respecter les indications données par les organisateurs quant aux espaces et aux activités accessibles au public.
Consulter la programmation officielle du 30 septembre 2026 à Mashteuiatsh.
Peu importe l’endroit où vous participez à un rassemblement, suivez les indications des personnes qui vous accueillent. Une activité ouverte au public ne signifie pas automatiquement que chaque cérémonie, chaque personne ou chaque moment peut être photographié ou filmé.
4. Regarder la commémoration nationale
Il n’est pas nécessaire d’avoir un événement près de chez soi pour prendre un moment de commémoration.
Le 30 septembre 2026 à 15 h, heure de l’Est, APTN et le Centre national pour la vérité et la réconciliation présenteront le rassemblement commémoratif national « Se souvenir des enfants », en direct de la Colline du Parlement.
Cette émission d’environ 90 minutes mettra notamment en lumière des survivantes et survivants ainsi que des artistes autochtones. Elle sera diffusée sur APTN et sur plusieurs grandes chaînes de télévision et de radio.
Pour quelqu’un qui ne sait pas par où commencer demain, réserver ce moment constitue déjà une action très concrète.
Voir les informations officielles sur la commémoration nationale.
5. Lire quelques-uns des 94 appels à l’action
On entend souvent parler des 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, mais combien d’entre nous ont réellement pris le temps de les lire?
Ils touchent notamment la protection de l’enfance, l’éducation, les langues et les cultures, la santé, la justice, les médias, le sport, les entreprises et la formation.
Il n’est pas nécessaire de tout lire demain.
Choisissez simplement un domaine qui fait partie de votre réalité. Si vous travaillez en éducation, commencez par les appels concernant l’éducation. Si vous êtes parent, intéressez-vous à ceux qui touchent les enfants et les familles. Si vous dirigez une entreprise, regardez ceux qui concernent le monde des affaires.
La vérité et la réconciliation deviennent beaucoup plus concrètes lorsqu’on comprend ce qui a réellement été demandé et pourquoi.
Consulter les appels à l’action auprès du Centre national pour la vérité et la réconciliation.
6. En parler avec les enfants sans leur cacher l’histoire
Les enfants remarquent les chandails orange. Ils voient les publications. Ils entendent parler de la journée à l’école. Et souvent, ils posent une question toute simple : « Pourquoi? »
On peut leur répondre avec des mots adaptés à leur âge sans effacer ce qui s’est passé.
Pour les plus jeunes, l’histoire de Phyllis Webstad constitue un point de départ très concret : une petite fille de six ans arrive à l’école avec un chandail que sa grand-mère lui a offert, et des adultes le lui retirent. À partir de cette histoire, on peut parler du droit des enfants d’être respectés, de vivre leur culture, de parler leur langue et de demeurer entourés de leur famille.
Avec les plus grands, on peut approfondir l’histoire des pensionnats, leurs conséquences sur les familles et les communautés et les raisons pour lesquelles cette histoire continue d’être commémorée aujourd’hui.
Le Centre national pour la vérité et la réconciliation propose également des ressources éducatives destinées aux élèves et aux enseignants.
7. Donner de la place aux voix autochtones
Le 30 septembre peut aussi être l’occasion de regarder qui l’on lit, qui l’on écoute et quelles histoires occupent notre attention.
On peut emprunter le livre d’une autrice ou d’un auteur autochtone. Visiter un musée ou un site culturel dirigé par une communauté. Assister à une conférence. Découvrir une œuvre. Écouter un balado ou un documentaire produit par des personnes autochtones.
Lorsque vous partagez une histoire ou une publication, prenez aussi le temps de nommer la personne ou l’organisme qui en est à l’origine et, lorsque c’est possible, dirigez les lecteurs vers la source originale.
La visibilité est plus significative lorsqu’elle ramène vers les voix concernées plutôt que de les remplacer.
8. Faire quelque chose qui continuera le 1er octobre
C’est peut-être le geste le plus important de cette liste.
Le 30 septembre dure une journée. L’apprentissage, lui, n’a aucune raison de s’arrêter à minuit.
Avant que la journée se termine, choisissez une seule chose à poursuivre :
Un livre que vous allez lire. Une conférence que vous allez écouter. Un lieu culturel que vous souhaitez visiter. Une question sur laquelle vous voulez vous informer. Un appel à l’action que vous voulez comprendre davantage. Une voix autochtone que vous allez continuer de suivre.
Pas dix engagements. Un seul, mais réellement poursuivi.
Ce qu’il vaut mieux éviter le 30 septembre
Participer avec respect signifie aussi reconnaître certaines limites.
- Ne pas demander à une personne autochtone de raconter un traumatisme personnel simplement parce que c’est le 30 septembre.
- Ne pas photographier ou filmer automatiquement une cérémonie sans savoir si cela est permis.
- Ne pas utiliser la journée principalement comme une occasion commerciale ou promotionnelle.
- Ne pas reprendre une histoire, une œuvre ou un témoignage sans identifier sa source.
- Ne pas considérer le chandail orange comme l’aboutissement de la démarche. Il peut être un symbole puissant, mais il gagne son sens lorsqu’il s’accompagne d’écoute et d’apprentissage.
Et si vous n’avez que 30 minutes demain?
Faites simple.
Lisez l’histoire de Phyllis Webstad. Prenez ensuite quelques minutes pour consulter les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Puis, à 15 h si votre horaire le permet, regardez une partie de la commémoration nationale.
Si vous êtes au Lac-Saint-Jean, vous pouvez aussi vous rendre à Mashteuiatsh et participer aux activités que la communauté a choisi d’ouvrir au public.
Ce n’est pas la quantité d’activités réalisées dans une journée qui donne un sens au 30 septembre.
C’est la volonté de ne pas détourner le regard, d’écouter ce qui est transmis et de continuer à apprendre lorsque la journée est terminée.
La vérité vient avant la réconciliation
Le mot « réconciliation » est souvent celui que l’on retient du 30 septembre. Pourtant, le nom de cette journée commence par un autre mot : vérité. Pour aller plus loin sur ce que signifie réellement ce processus, découvrez aussi notre article sur la signification profonde de la réconciliation entre les peuples.
On ne peut pas comprendre pleinement le chemin vers la réconciliation sans connaître l’histoire des pensionnats, écouter celles et ceux qui l’ont vécue et reconnaître les conséquences qui se sont transmises aux familles et aux communautés.
Le 30 septembre nous donne un moment collectif pour nous arrêter devant cette histoire.
On peut porter de l’orange. On peut marcher. On peut écouter. On peut lire. On peut poser des questions et accepter de ne pas encore connaître toutes les réponses.
Mais surtout, on peut décider que le lendemain, cette histoire ne redeviendra pas invisible.
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