Bâton de parole autochtone - Dénouer la mémoire
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Il donne une présence tangible aux moments où les mots comptent. Une pièce porteuse de sens pour les moments d’échange, de réflexion et de connexion.
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Certaines histoires ne doivent pas être embellies.
Dénouer la mémoire est une œuvre volontairement plus brute. Elle évoque la réalité des pensionnats autochtones, les silences qu’ils ont imposés et les blessures qui ont continué de se transmettre longtemps après leur fermeture.
Créé à la main par l’artisan Ilnu Dave Verreault-Thisselmagan, ce bâton de parole rappelle que la réconciliation ne consiste pas à oublier le passé. Elle exige d’abord que la vérité puisse être dite, entendue et transmise.
Les pensionnats ont séparé des enfants autochtones de leur famille et de leur communauté, et leurs conséquences continuent d’affecter des familles et des générations aujourd’hui.
L’esprit de l’objet
Contrairement à Vers la lumière, cette œuvre ne cherche volontairement pas la douceur.
Le cuir brun, le bois apparent et la composition plus dépouillée représentent l’aspect brut de l’histoire.
Sans filtre.
Sans artifice.
Sans chercher à rendre beau ce qui ne l’était pas.
L’œuvre place plutôt la vérité au centre.
Le tissu orange rappelle les enfants qui furent envoyés dans les pensionnats et fait écho à l’histoire de Phyllis Webstad, dont le chandail orange fut retiré lorsqu’elle était enfant au pensionnat.
Le nœud
Au centre du bâton se trouve un élément essentiel : un morceau de tissu noué.
Ce nœud représente les blessures, les paroles retenues et les traumatismes transmis d’une génération à l’autre.
Mais il ne représente pas seulement ce qui est noué.
Il représente également ce qui peut être dénoué.
Le bâton de parole devient alors partie intégrante du message de l’œuvre. Il rappelle l’importance de permettre à la parole de revenir là où le silence a longtemps été imposé.
Parler.
Écouter.
Nommer.
Transmettre.
Et, petit à petit, défaire les nœuds intergénérationnels.
La symbolique
Dans cette œuvre, chaque élément demeure volontairement visible.
Le bois conserve son caractère naturel. Le cuir brun enveloppe le bâton sans masquer entièrement sa matière. Le tissu orange est noué plutôt que parfaitement disposé.
Cette absence de perfection esthétique est intentionnelle.
Elle rappelle qu’avant la réconciliation doit venir la vérité.
Le bâton de parole devient ainsi le symbole d’une parole qui reprend sa place : celle des survivants, des familles, des descendants et des générations qui continuent de porter les conséquences de cette histoire.
Dénouer la mémoire, c’est reconnaître ce qui a été transmis dans la douleur afin qu’il ne soit plus nécessaire de le transmettre dans le silence.
Matériaux
- Bois naturel
- Cuir brun
- Fourrure blanche
- Tissu orange noué
- Plumes naturelles
- Perles de verre orange et blanches
- Assemblage réalisé entièrement à la main
Une création unique
Cette œuvre a été conçue comme une pièce unique.
Elle n’a pas été créée pour reproduire l’histoire, mais pour lui donner une matière, une présence et surtout un espace de parole.
Les variations naturelles du bois, du cuir, des plumes et des autres matériaux font partie intégrante de son caractère.
Fait à la main au Québec par un artisan Ilnu.
Création façonnée à la main au Québec par Dave Verreault-Thisselmagan, artisan ilnu de Mashteuiatsh.
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